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Sonic City #BalanceTaProg

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Parler de novembre alors qu’on s’apprête à célébrer l’été ? Chaque année, la prudence est de mise avec le festival Sonic City. Dès le choix de l’artiste-programmateur annoncé, c’est l’envolée de la billetterie. Cette année, deux têtes d’affiche : une Courtney Barnett très en vogue et des femmes artistiquement très en verve. Comment faire d’un sujet sociétal brûlant un pari culturel audacieux.

Le Sonic City c’était déjà très bien. Un festival pointu cornaqué chaque année par un « curator » de renommée (Thurston Moore, Savages, Deerhoof, Beak…) parvenant à concilier découverte, exigence et affluence. A chaque édition, de nouvelles émotions dans les nuages de l’intimité musicale de ces programmateurs d’exception. En confiant les clés du Sonic City à Courtney Barnett, l’équipe du Wilde Westen célèbre bien plus que la part féminine du rock. Au vu du succès critique et de sa crédibilité artistique, on se doutait que Courtney Barnett pourrait se voir remettre la coiffe de curator. Lorsque son nom a fuité dans la shortlist des possibles élus, on fantasma une affiche réunissant Kurt Vile, Kevin Morby, les Breeders, un duo Neil Young/ Bob Dylan, un come-back de Fugazi, un cover-band de Nirvana, un superband Riot Grrrls… L’annonce des premiers artistes ayant répondu à l’appel de Courtney Barnett a pris tout le monde de court. A tort, on réduisait le périmètre de Courtney Barnett à celui de la songwriteuse la plus douée de sa génération, férue des 90’s alternatives autant que d’un classic-rock auteuriste. Imprévisible Courtney Barnett, qui ne fait pas mystère de son compagnonnage artistique et sentimental avec sa compatriote Jen Cloher, nous a concocté un programme où la femme bouffe le roi lion pour proclamer une république de la création musicale féminine, sous tous ses genres.

Dans le contexte post #MeToo, où les études sur les artistes, les publics, les musiciens amateurs et professionnels, la filière musicale dans son ensemble... pointent une sous- représentation des femmes, tant en nombre qu’aux responsabilités, où l’industrie musicale dominante exploite le sexisme quand le cynisme et l’opportunisme de certains et certaines artistes s’occupent du reste ; cette initiative est bienvenue pour des musiques qui se revendiquent héritières des contre-cultures. Même si un festival national comme Les Femmes s’en mêlent travaille ces sujets depuis des années, il a eu peu d’échos dans nos contrées cette année. Force est de constater que cette édition du Sonic City amène un nouveau souffle, une nouvelle fougue et osons le dire une nouvelle envergure artistique. A ce jour déjà plusieurs artistes ont répondu à l’appel et l’audace qui constitue l’ADN de ce festival est bien présente. Après tout qui douterait de l’intérêt d’une affiche composée très majoritairement d’hommes ? C’est la norme. Et le Sonic City s’est toujours considéré hors-norme. Pour les plus frileux ou conservateurs voici déjà quelques gages : Courtney Barnett bien évidemment, Drinks le nouveau très excitant projet de Cate Le Bon, Eleanor « Fiery Furnaces » Friedberger toujours remarquable de sensibilité et d’élégance, les charbonnières garage-punk de Coathangers, la songwriteuse Snail Mail, les artys Dream Wife...Beaucoup d’autres noms sont à venir pour faire bouger les lignes et rafraîchir les mélomanes de toutes orientations. Nous reviendrons en détail cet automne, sur le détail de la programmation complète. Militant ou prévoyant, pensez à réserver vos places dès maintenant pour que le caractère exceptionnel de cette édition entre dans les mœurs.

 

 

 

 

 

Publié le 13/06/2018 Auteur : Bertrand Lanciaux

Sonic City 2018

9-11 novembre

Vendredi : 20€ / Samedi : 38€ / Dimanche : 38€ / Pass weekend : 62€ / Pass 3jours : 77€

- 3€ sur présentation de la "Wild Westen"

Depart

Nelson Mandelaplein 18, Courtrai

www.wildewesten.be

 


Mots clés : experimental rock pop festival